Kitap 6
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« Comment donc justifier notre défaut de zèle et notre refus de secourir nos alliés? Nous leur devons aide et protection ; nos serments nous y obligent. N’écoutez pas ceux qui vous disent qu’il ne faut attendre d'eux aucune réciprocité. Si nous les avons accueillis, ce n'était pas pour qu’ils vinssent ici nous défendre, mais pour qu’ils retinssent chez eux nos ennemis. Par quel autre système avons-nous obtenu l’empire, nous et tous ceux qui l’ont possédé, si ce n'est en étant toujours prêts à secourir les Grecs et les Barbares qui réclamaient notre appui? Si chacun de nous, quand son aide est nécessaire, demeurait en repos ou chicanait sur les races, nous étendrions peu notre puissance, ou plutôt nous la mettrions en péril. Avec des adversaires formidables, la prudenee consiste à prévenir leurs attaques, non moins qu'à les repousser. Nous ne sommes pas libres de graduer à volonté l’extension de notre empire. Porce nous est de menacer les uns et de comprimer les autres ; car nous serions en danger de tomber sous une domination étrangère, si nous cessions nous-mêmes de dominer. Vous ne pouvez envisager le repos du même œil que les autres peuples, à moins de modeler vos principes sur les leurs.
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« En naviguant vers ces parages, nous augmenterons sans aucun doute la puissance que nous possédons déjà. Faisons cette entreprise, ne fût-ce que pour rabattre Porgueil des Pé-loponésiens, et pour leur montrer que, peu soucieux de la tranquillité présente, nous portons nos armes jusqu’en Sicile. Par là de deux choses l’une : ou nous ferons une conquête qui noos vaudra l’empire de la Grèce entière, ou tout au moins nous écraserons les Syracusains, ce qui sera un bénéfice réel pour nous et pour nos alliés. Nos vaisseaux assureront notre séjour en cas de succès, ou notre retraite; car nous l’emporterons toujours par la marine sur les Siciliens réunis.