Kitap 6
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« Aussi suis-je convaincu qu’arrêtés par ces considérations, ils ne partiront pas même de Gorcyre, mais qu’ils se donneront le temps de délibérer et de s’enquérir de nos forces et de nos positions par des reconnaissances multipliées ; ce qui les poussera jusqu’à la mauvaise saison ; à moins qu’intimidés par notre attitude inopinée, ils ne renoncent définitivement à leur projet. Cela est d’autant plus probable que, si j’en crois mes informations, le plus expérimenté de leurs généraux n’a accepté qu’à contre-cœur le commandement, et ne demanderait pas mieux que de trouver un prétexte dans une démonstration sérieuse de notre part. La renommée, qui grossit tout, ne manquerait pas d’exagérer nos forces. L’opinion se règle sur les ouï-dire. Celui qui prend l’offensive, ou qui du moins se montre fermement résolu à se défendre, est craint davantage, parce qu’on le croit en mesure de résister. C’est là sans aucun doute ce qu’éprouveront les Athéniens. Ils s’avancent contre nous dans l’idée que nous n’oserons pas leur tenir tête. Ils nous méprisent à juste titre, parce que nous ne nous sommes pas joints aux Lacédémoniens pour les attaquer ; mais, s’ils nous voient déployer une audace inattendue, ils en seront plus effrayés que de nos forces réelles.
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« Suivez donc mes conseils ; prenez hardiment le parti que je vous propose ; autrement, hâtez-vous de faire vos préparatifs de défense. C’est quand l’action est engagée qu’il faut témoigner du mépris pour son adversaire ; jusque-là, le mieux est de s’entourer de précautions méticuleuses-, comme si l’on était à la veille du danger. Or Tenoemi s’approche; tenez pour certain qu’il est déjà en mer et qu’au premier jour il va paraître. »