Kitap 6
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Après cette exhortation, Nicias fit aussitôt avancer l’armée. Les Syracusains ne s’étaient pas-attendus à combattre si promptement ; quelques-uns même étaient allés à la ville, qui était proche. Quelque empressement qu’ils missent à revenir, ils arrivèrent tardivement et se placèrent au hasard, à mesure que chacun rejoignait. Dans cette action, comme dans toutes les autres, ils ne manquèrent ni de courage ni d’ardeur; ils se montrèrent braves autant que le comportait leur expérience ; mais quand elle leur fit défaut, ils furent contraints de quitter la partie, malgré toute leur bonne volonté. Quoique surpris par une attaque brusque et inopinée, ils ne laissèrent pas de prendre les armes et de marcher résolûment à l’ennemi. D’abord de part et d’autre, les soldats armés de pierres, les frondeurs et les archers préludèrent au combat et, comme il arrive aux troupes légères, se mirent en fuite alternativement. Ensuite les devins apportèrent les victimes d’usage, les trompettes des hoplites sonnèrent la charge, et les deux armées s’ébranlèrent à la fois. Les Syracusains se disaient qu’ils allaient combattre pour leur patrie, pour leur salut dans le présent, pour leur liberté dans l’avenir. Chez l’armée ennemie, c’étaient d’autres motifs : pour les Athéniens, le désir de conquérir un pays étranger et de ne pas exposer le leur par une défaite; pour les Argiens et les alliés indépendants, l’envie de partager les conquêtes qu’on allait faire et de retourner victorieux dans leurs foyers ; enfin les alliés sujets d’Athènes étaient soutenus par la pensée qu’il n’y avait de salut pour eux que dans la victoire, et qu’en aidant à subjuguer les autres ils allégeraient leur propre servitude-