Kitap 7
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Cette place, fortifiée dans le cours de l’été par toute l’armée, fut ensuite occupée par des garnisons qûe fournissaient les États confédérés, et qui se relevaient alternativement. Rien ne fut plus funeste aux Athéniens, par les pertes énormes, en hommes et en argent, qui en résultèrent. Jusqu’alors les incursions avaient été de courte durée, et n'avaient pas empêché d’exploiter le pays le reste du temps; mais, une fois que l’ennemi se fut établi en permanence, que les campagnes furent dévastées, tantôt par des troupes nombreusesLorsqu’une troupe de Péioponésiens arrivait pour relever la précédente, la garnison de Décélie se trouvait momentanément doublée. , tantôt par la garnison ordinaire qui vivait du pillage ; une fois qu’Agis, roi de Lacédémone, constamment sur place, fit de la guerre son unique occupation, alors les Athéniens éprouvèrent des dommages incalculables. Ils perdirent d’un seul coup la jouissance de leurs terres, leurs troupeaux, leurs bêtes de somme; ils virent déserter plus de vingt mille esclaves, artisans pour la plupartA Athènes les professions manuelles étaient en général exercées par des esclaves, sous la direction et pour le compte de leurs maîtres. On peut se faire une idée du tort occasionné à ceux-ci par la fuite de leurs ouvriers, .en se rappelant qu’un esclave sans aptitude spéciale valait jusqu’à cinq cents drachmes, et que les artisans devaient avoir beaucoup plus de prix. ; enfin, comme les cavaliers faisaient journellement des patrouilles, soit vers Décélie, soit dans le reste de la contrée, leurs chevaux recevaient des blessures ou s'estropiaient, en parcourant sans relâche un sol hérissé d’aspérités.