Kitap 7
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L. Cependant Gylippe et Sicanos étaient de retour à Syracuse : Sicanos avait manqué Agrigente; car, pendant qu’il était encore à Géla, la faction qui voulait nouer amitié avec les Syracusains avait succombé. Quant à Gylippe, il avait amené, indépendamment d’une nombreuse armée levée en Sicile, les hoplites envoyés du Péloponnèse au printemps sur des bâtiments de charge, et qui, de Libye, avaient abordé à Sélinonte. Jetés sur les côtes de Libye, ils avaient obtenu des Cyrénéens deux trirèmes et des pilotes; après avoir, chemin faisant, secouru les Evespéritains assiégés par les Libyens, et battu ces derniers, ils avaient rangé la côte jusqu’à Néapolis, comptoir des Carthaginois, et le point le plus rapproché de la Sicile, qui n’en est séparée que par un trajet de deux jours et une nuit. Ils avaient de là passé à Sélinonte. Les Syracu- sains, à leur arrivée, se disposèrent aussitôt à attaquer de nouveau les Athéniens par terre et par mer. Les généraux athéniens, voyant qu’une nouvelle armée était venue renforcer l’ennemi, que leurs propres affaires, loin de s’améliorer, empiraient chaque jour sous tous les rapports, et surtout que les maladies ruinaient les troupes, regrettèrent de n’être pas partis plus tôt. Comme d’ailleurs Nicias ne faisait plus la même opposition et se bornait à demander que la résolution ne fût pas divulguée, ils firent prévenir toutes les troupes le plus secrètement possible d’avoir à se tenir prêtes à lever le camp et à s’embarquer au premier signal. Les préparatifs terminés, ils allaient mettre à la voile quand la lune s’éclipsa; car elle était alors au plein. La plupart des Athéniens, inquiets de ce phénomène, prièrent les généraux de différer. D’un autre côté, Nicias, qui attachait aux présages et à tous les faits de ce genre une importance exagérée, déclara que toute délibération sur le départ devait être ajournée jusqu’à ce qu’il se fût écoulé, suivant l’indication des devins, trois fois neuf jours. Les Athéniens, retenus par là, prolongèrent encore leur séjour.