Kitap 7
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Les Athéniens proprement dits, Ioniens d’origine, portaient spontanément les armes contre les Doriens de Syracuse. Avec eux marchaient des peuples issus d’Athènes, unis à elle par conformité de langage et de mœurs, savoir les Lemniens, les Imbriens, ceux qui alors habitaient Êgine On a vu (liv. II, ch.xxvii) que, la seconde année de la guerre, les Eginètes furent expulsés de leur île par les Athéniens, qui s’en partagèrent le territoire. Mais cette spoliation n'eut qu'un temps. Après la prise d'Athènes par Lysandre, les Eginètes furent réintégrés dans leurs foyers. Thucydide, qui a rédigé son histoire après cette époque, indique ici la population athénienne qui occupait Ëgine pendant la guerre du Péloponèse.— Lemnos, Imbros et Hestiéa étaient également peuplées d’Athéniens. et la ville d’fîestiéa en Eubée. Le reste des auxiliaires se composait de sujets, d’alliés indépendants et de mercenaires. Parmi les sujets tributaires on comptait, dans l’Eubée, les Érétriens, les Ghalcidéens, les Styréens et les Carystiens; dans les îles, les habitants de Céos, d’Andros et de Ténos ; dans l’Ionie, ceux de Milet, de Samos et de Ghios — ces derniers n’étaient pas tributaires ; ils jouissaient de l’indépendance, n’étant astreints qu’à fournir des vaisseaux. — Ces divers peuples, sauf les Carystiens qui sont Dryopes, étaient pour la plupart Ioniens ou colonies d’Athènes; ils marchaient en qualité de sujets et par contrainte, mais au 'moins c’étaient des Ioniens opposés à des Doriens. Venaient ensuite des peuples d’origine éolienne, tels que les Méthymniens, tenus à fournir des vaisseaux, mais sans payer tribut, les Ténédiens et les Éniens tributaires. Ces peuples de race éolienne étaient forcés de combattre les Béotiens alliés de Syracuse, quoique ceux-ci fussent Éoliens comme eux, et de plus leurs fondateurs. Les Platéens, bien que natifs de Béotie, se trouvaient seuls, par une juste haine, opposés au reste des Béotiens. Les habitants de Rhodes et de Cythère, Doriens les uns et les autres, étaient contraints, ceux de Cythère, colonie de Lacédémone, de porter les armes avec les Athéniens contre les Lacédémoniens de Gylippe; ceux de Rhodes, originaires d’Argos, contre les Doriens de Syracuse et contre leurs propres colons de Géla, auxiliaires des Syracusains. Parmi les insulaires voisins du Péloponèse, les Céphalléniens et les Zacyn-thiens étaient indépendants ; mais leur qualité d’insulaires leur faisait un devoir d’accompagner les Athéniens, maîtres de la mer. Les Corcyréens, non-seulement Doriens, mais d’origine corinthienne, marchaient contre les Corinthiens et les Syracusains, quoique colons des uns et parents des autres, sous couleur de nécessité, mais au fond par haine pour Corinthe. Les Mésséniens, tant ceux qu’on appelle aujourd’hui de Naupacte, que ceux de Pylos, alors aux Athéniens, avaient été pareillement requis pour cette guerre. Il y avait aussi un petit nombre de Mégariens exilés, qui se trouvaient dans la fâcheuse nécessité de combattre les Sélinontins originaires de Mégare. Quant aux autres alliés, la part qu’ils prirent à cette expédition fut plutôt volontaire. Les Argiens, de race dorienne, portaient les armes contre les Doriens avec les Ioniens d’Athènes, moins peut-être en vertu de leur alliance, que par haine contre Lacédémone et pour un motif intéressé C’est-à-dire pour la solde, et pour les profits de la guerre. . Les Mantinéens et autres Arcadiens, toujours prêts à marcher contre l’ennemi qu’on leur désigne, se trouvaient face à face avec leurs compatriotes engagés à prix d’argent par Corinthe et lesTegardaient comme leun ennemis. Les Athéniens avaient aussi des Crétois et des Étolieus mercenaires. Ainsi les Crétois, qui ont fondé Géla, concurremment avec les Rhodiens, au lieu d’aller au secours de leurs colons, leur faisaient la guerre sans aucune animosité, mais uniquement pour de l’argent. Quelques Acamaniens s’étaient aussi enrôlés dans l’armée athénienne, soit par l'appât du gain, soit surtout par affection pour Démosthène et par dévouement aux Athéniens leurs alliés. Tous les peuples que je viens de citer habitent en deçà du golfe Ionien. Parmi les Grecs d’Italie, les Thuriens et les Métapontins s'étaient vus forcés par leurs discordes intestines de se joindre aux Athéniens, comme aussi, parmi les Grecs de Sicile Le texte reçu porte Σικελῶν, contre-sens manifeste; il faut nécessairement Σικελιωτῶν. , les Naxiens et les Catanéens. Quant aux barbares, les Athéniens avaient pour eux les Ëgestains qui les avaient appelés en Sicile, de même que la majeure partie des Sicules; parmi les peuples étrangers à la Sicile, quelques Tyrrhéniens, qui vinrent par hostilité pour Syracuse; enfin des Iapygiens mercenaires. Tels étaient les alliés des Athéniens.