Kitap 7
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Nicias, voyant la démoralisation de son armée, parcourut les rangs, afin de relever de son mieux le courage des soldats par ses exhortations, L’ardeur qui l’animait, le désir de se faire entendre aussi loin que possible, donnaient à sa voix un timbre et une intensité extraordinaires.
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« Même dans l’état où nous sommes, Athéniens et alliés, il faut conserver de l’espoir ; on se tire de plus mauvais pas. Ne vous reprochez point outre mesure des maux et des désastres que vous n'avez pas mérités. Moi qui suis plus faible qu’un autre —vous voyez où m’a réduit la maladie, — moi qui ne le cédais à personne dans ma vie privée et publique, je me vois exposé au même danger que le dernier des soldats. Et pourtant je me suis toujours montré, envers les dieux, fidèle observateur des pratiques établies; envers les hommes, constamment juste et sans reproche. Aussi n’ai-je pas perdu toute espérance en l’avenir ; les malheurs m’effrayent moins qu’on ne peut croire ; bientôt, peut-être, ils nous laisseront du répit. Le bonheur de nos ennemis a dépassé toute limite. Si notre expédition a été vue par quelque dieu d’un œil jaloux, c’est une faute que nous avons assez chèrement expiée. Nous ne sommes pas les premiers qui se soient permis des actes hostiles ; d’autres l’ont fait avant nous ; mais, après avoir agi en hommes, ils n’ont rien souffert que l’homme ne pût supporter. Nous aussi, nous pouvons espérer de fléchir le courroux des dieux, car notre sort actuel est plus digne de pitié que d’envie.