Kitap 8
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Après s’être confirmés dans ces résolutions, ils déléguèrent immédiatement à Athènes Pisandros et la moitié des députés pour effectuer leur projet, avec charge d’établir l’oligarchie dans toutes les villes sujettes où ils toucheraient en passant. L’autre moitié fut envoyée dans les divers endroits de la domination athénienne. Diotréphès, commandant désigné du littoral de la Thrace et alors à Ghios, eut ordre de se Tendre à sa destination. Arrivé à Thasos, il y abolit le gouvernement populaire ; mais deux mois ne s’étaient pas écoulés depuis son départ, que les Thasiens se mirent à fortifier leur ville On a vu (liv. I, ch. ci) qu’à la suite d’une précèdente révolte de Thasos, les Athéniens vainqueurs avaient exigé que cette ville fut démantelée, afin qu’à l’avenir elle ne pût opposer aucune résistance à leur marine. , sans plus se soucier de l’oligarchie d’Athènes, et s’attendant d’un jour à l’autre à ce que les Péloponésiens leur apportassent la liberté. Il se trouvait en effet dans le Péloponèse une émigration composée d’hommes bannis par les Athéniens. Ces gens, de concert avec leurs amis de la ville, travaillaient avec ardeur à obtenir l’envoi d’une flotte et à provoquer la défection de Thasos. Le hasard les servit à souhait. Leur ville se maintint sans danger, et la démocratie, qui leur avait été contraire, fut renversée. Ainsi donc à Thasos les choses tournèrent tout autrement que n’avaient cru les oligarques athéniens; et sans doute il en fut de même chez beaucoup d’autres peuples sujets. Une fois émancipées, les villes marchèrent vers une franche liberté, sans se laisser éblouir par l’indépendance équivoque que leur offraient les Athéniens.