Kitap 8
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Telle était la situation d’Athènes, lorsque Pisandros et ses collègues y arrivèrent. A l’instant ils se mirent à l’œuvre pour achever ce qui était si bien commencé. D’abord ils convoquèrent les citoyens et firent décider qu’on nommerait dix commissaires munis de pleins pouvoirs et qu’on les chargerait d’élaborer un projet de constitution et de le soumettre au peuple dans un délai déterminé. Le jour venu, ils réunirent l’assemblée dans une enceinte close, à Colone, lieu consacré à Neptune et situé à dix stades de la ville Le lieu ordinaire des assemblées du peuple à Athènes était le Pnyx (eh. xcvn), quelquefois le théâtre de Bacchus (ch. xciv), ou d’autres endroits voisins de la ville. En convoquant le peuple dans un local fermé et restreint, l’intention des meneurs était apparemment d’exclure de la délibération une partie de leurs adversaires. Les conjurés avaient le mot pour occuper la majeure portion de l’enceinte et empêcher la multitude d’y trouver place. Les clôtures consistaient en balustres ou cancellages qu’on ne devait pas franchir. . Là les commissaires proposèrent un article unique, portant que tout Athénien aurait le droit d’émettre l’avis qu’il voudrait et prononçant des peines sévères contre quiconque poursuivrait, pour violation de loi ou pour tout autre motif, celui qui aurait usé de cette libertéPar cette décision préalable, on enlevait aux démagogues leur arme favorite, qui consistait à intenter une action d’illégalité (γραφή παρανόμων) à quiconque proposait le moindre changement à la constitution. . Cela fait, on proposa nettement l’abolition des anciennes magistratures, la suppressiçn des emplois salariés et la nomination de cinq présidents, chargés d'élire cent citoyens, qui à leur tour s’en adjoindraient chacun trois autres. Ces quatre cents devaient siéger au conseil, exercer selon leurs lumières une autorité sans limites, et rassembler les cinq mille quand ils le jugeraient à propos.