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Kitap 8

73 Déjà s’opérait à Samos, contre l’oligarchie, une réaction, dont l’origine datait de l’établissement des Quatre-Cents. Ceux des Samiens qui formaient le parti populaire et qui, dans le tempsVoyez ch. xxi. , s’étaient soulevés contre les riches, avaient modifié leurs opinions. Sollicités par Pisandros pendant son séjour à Samos et par les conjurés athéniens qui étaient dans cette ville, trois cents d'entre eux avaient ourdi une conspiration dans le but d’attaquer les citoyens restés fidèles à la démocratie. Il y avait alors à Samos un Athénien nommé Hyper-bolos, homme pervers , qui avait été banni par l'ostracisme Selon Plutarque (Alcibiade, ch. xm), le bannissement d’Hy-perbolos fut le résultat d'une coalition entre Nicias, Phéax et Alcibiade, lesquels se voyant menacés d’ôtre bannis eux-mêmes, s’entendirent ensemble pour faire tomber la sentence sur cet homme mal famé. La condamnation d’Hyperbolos fut le dernier exemple d’ostracisme à Athènes (quatre cent seize ans av. J. C.). , non pas qu’on redoutât son pouvoir et son crédit, mais pour sa méchanceté et pour son infamie. Les conjurés l’assassinèrent, d’accord en cela avec Charminos, l’un des généraux, et avec d’autres Athéniens résidant à Samos , auxquels ils voulaient donner un gage de fidélité. Ils accomplirent de concert quelques entreprises de la même espèce ; après quoi ils se mirent en devoir d’assaillir les démocrates. Ceux-ci, instruits de leur projet, en donnèrent avis aux généraux Léon et Diomédon, tous deux fort mal disposés pour l'oligarchie, à cause de la considération dont le peuple les entourait. Ils en parlèrent également à Thrasybulos et à Thrasylos, l’un triérarque, l’autre servant dans les hoplites, ainsi qu'à d’autres Athéniens , ennemis avoués des conjurés. Ils les supplièrent de ne pas souffrir qu’eux-mêmes fussent égorgés et que Samos se détachât d’Athènes après avoir tant travaillé au maintien de son empire. Sur cet avis, ces Athéniens prirent à part chacun des soldats et les engagèrent à faire avorter le complot. Ils s’adressèrent eu particulier à l'équipage de la Paralienne, exclusivement composé d'Athéniens de condition libre, toujours prêts à poursuivre le fantôme même de l'oligarchie. Dès lors Léon et Diomédon ne s’éloignèrent jamais de Samos sans y laisser quelques vaisseaux de garde. Aussi, à la première levée de boucliers faite par les trois cents, tous ces gens et nôtamment les Paraliens, prirent les armes et donnèrent la victoire au parti populaire. Les Samiens tuèrent une trentaine de conjurés, en bannirent trois des plus coupables, amnistièrent les autres, et se constituèrent désormais en pleine démocratie.

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