Kitap 8
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LXXV. Les soldats, à ce récit, allaient tout d’abord se jeter sur les principaux meneurs du complot oligarchique et sur leurs complices; mais ceux qui étaient plus calmes s’interposèrent pour les en empêcher; on leur fit comprendre qu’en présence de la flotte ennemie, mouillée à peu dé distance et prête à combattre, 1 Le Parafas, ou la Paralienne, était un vaisseau chargé ordinairement de missions de confiance; il portait les messages, conduisait les généraux à leur poste. On regardait comme un honneur de monter ce bâtiment. C’était donc faire outrage à l’équipage que de le transborder sur un simple bâtiment de transport. ils pouvaient tout perdre, et on parvint à les calmer. Ensuite Thrasybule, fils de Lycos, et Thrasylle, les principaux auteurs du dernier revirement politique, voulant donner tout l’éclat possible à ce mouvement démocratique parti de Samos, firent promettre, sous les serments les plus solennels, à toutes les troupes, et en particulier aux partisans de l’oligarchie, de rester fidèles au régime démocratique, de n’avoir tous qu’une même pensée, de poursuivre vigoureusement la guerre contre les Péloponnésiens, d’être ennemis des quatre cents et de n’avoir aucune communication avec eux. Tous les Samiens en âge de servir prêtèrent le même serment. L’armée athénienne mit en commun avec eux tous ses intérêts, toutes les éventualités des périls à courir, persuadée que pour les uns et les autres il n’y aurait aucune autre chance de salut, et qu’ils seraient perdus également, soit que les quatre cents eussent le dessus, soit que la victoire restât à l’armée de Milet.