Kitap front
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L’égalité d’àme et la résignation qui se reflétaient sur son visage grave et pensif Marcellinus, § 3 i., ont donné à sa vie cette empreinte de sévère simplicité qui est aussi le caractère distinctif de son génie : exilé de sa patrie, il ne trouve pas une parole d’amertume contre l’injustice des Athéniens ; méconnu de ses contemporains. Il se réfugie en quelque sorte dans l’avenir, sans se plaindre, sans s’étonner de ce qu’il regarde comme une nécessité des temps. Respectueux même pour les croyances qu’il ne partage pas, pour les superstitions populaires de son siècle, il les raconte quand l’occasion s’en présente, mais sans un mot de dédain, ni de blâme, avec les égards qu’on doit aux sentiments religieux des peuples, même lorsqu’ils s’égarent. Plein de convenance et de réserve lorsqu’il parle de lui-même, il semble qu’il ne veuille livrer à la postérité, de laquelle cependant il attend tout, que son nom et l’ouvrage dans lequel sa vie se résume tout entière. Rappelons enfin son admiration désintéressée pour les grands hommes ses contemporains ; le sentiment du juste et de l’honnéte qui partout chez lui se joint à un sentiment non moins vrai des réalités pratiques ; ses protestations contre les sévérités de la peine de mort appliquée aux crimes politiques ; sa profonde connaissance du coeur humain ; et nous n’hésiterons point à le placer à côté de ces grandes figures des penseurs antiques, qu’on se représente ouvrant la voie à la civilisation, et élaborant les idées fécondes qui doivent être l’héritage des siècles.